Greffage : définition, techniques et pratiques

Le greffage consiste à produire une plante par l’association d’un porte greffe et d’un greffon.

Le porte greffe est choisi pour sa résistance, que le greffon ne possède pas. Ainsi, leur union permettra au greffon, que l’on choisit pour la beauté de sa floraison ou pour la qualité de ses fruits, par exemple, de s’adapter à des conditions climatiques et à une certaine nature du terrain par l’intermédiaire du porte-greffe.

En outre, le greffage permet de reproduire des arbres fruitiers, des arbustes d’ornement ou des conifères que l’on aurait du mal à multiplier par semis, par bouturage ou par marcottage.

Quelle technique de greffage ?

La technique du greffage consiste donc à unir deux végétaux de sorte que leurs tissus se confondent, le greffon étant alimenté par le porte greffe. Le résultat est un sujet aux caractères propres mais néanmoins conditionnés par les qualités des deux végétaux qui lui ont donné naissance. Les caractères de ces derniers impliquent d’ailleurs des méthodes de greffage différentes, même si dans leur principe elles restent identiques.

La greffe en couronne

Greffe en couronne : on la pratique surtout sur les arbres fruitiers âgés que l’on désire rajeunir. On doit procéder en avril mai, quand la circulation de la sève permet de soulever facilement l’écorce du porte greffe.

L’hiver qui précède, rabattez le porte greffe à la hauteur désirée. Préparez les greffons à la même époque d’une vingtaine de centimètres, ils seront taillés en biseau, à l’extrémité qui viendra en contact avec le porte-greffe.

Greffe en fente

Greffe en fente : cette technique concerne les arbres fruitiers dont le diamètre du tronc ne dépasse pas 7 cm de diamètre. Il s’agit donc de jeunes sujets, sur lesquels l’opération interviendra en mars avril, ou en septembre.

La greffe en fente se pratique de la manière suivante :

  • fendez la tige du porte greffe dans le sens de la hauteur, sur 3 ou 4 cm;
  • introduisez les greffons taillés en pointe dans la fente, de sorte que les tissus (cambium) des deux sujets soient bien en contact;
  • serrez l’assemblage avec du raphia et finissez en mastiquant l’ensemble.

Le démarrage de la végétation à partir des yeux des greffons sera le signe de la réussite de la greffe. Notez enfin qu’il est possible d’installer autant de greffons que la fente peut en recevoir.

Greffe en incrustation ou en coin

Greffe en incrustation ou en coin : ce procédé est très employé par les pépiniéristes et offre par rapport à la greffe en fente l’avantage de réduire la dimension de la plaie de greffage et par voie de conséquence cicatrisera plus vite. La soudure est très rapide à condition que l’assise génératrice (cambium) du porte greffe et celle du greffon soient étroitement en contact. Cela implique une grande précision et de la rigueur dans l’exécution de ce travail.

La greffe se pratique pendant le repos de végétation, les greffons, prélevés à l’avance, sont stockés dans un endroit frais et humide, exactement comme pour la greffe en fente ou en couronne. Cette greffe peut être réalisée sur table (pour les jeunes plants) mais elle vous sera d’une grande utilité pour greffer les arbres fruitiers.

La partie supérieure du porte greffe est rabattue à la scie égoïne ou au sécateur de force. On reprend légèrement la coupe à l’aide d’une serpette pour rafraîchir la plaie.

Greffe en écusson

On greffe en écusson les jeunes arbres fruitiers et les arbustes d’ornement tels que les rosiers. Ici, le greffon est constitué d’un seul œil (présent sur l’écusson). Le nom de cette greffe tient à la forme du greffon. La greffe en écusson se pratique en août (sur œil dormant) ou en mars (sur œil poussant).

Incisez l’écorce du porte greffe et soulevez la afin d’y insérer l’écusson. Une fois l’écusson en place, ligaturez avec un brin de raphia (ou une petite bande élastique avec agrafe) afin de maintenir le tout fortement serré.

La végétation repartira de l’œil présent sur l’écusson. Lorsque vous le constaterez, desserrez la ligature afin de permettre le grossissement de la tige qui se développe. On prépare les greffons comprenant trois yeux, et à la base de ceux ci on coupe en double biseaux convergents. C’est à dire que les coupes, à l’opposé du premier œil, se rejoignent sur une ligne. On pratique alors une entaille triangulaire à l’aide d’une serpette ou d’un greffoir de façon à ce que cette entaille soit en relation avec le biseau du greffon.

greffage plantes
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